L’ubérisation de la politique et la tentation du trop de démocratie dite « participative »

« On n’ubérise pas la démocratie », a lancé mardi le président PS de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, défendant la démocratie représentative comme « un grand acquis » à ne pas « saborder » et la mission des parlementaires de faire la loi, pas « le buzz ». Dans ses ultimes voeux aux parlementaires avant la fin de la législature, il a jugé nécessaire de prendre en compte les « nouvelles formes d’expression démocratique » liées aux évolutions de la société et des technologies, mais ajouté qu’ »on n’a jamais trouvé mieux pour exprimer l’intérêt général et faire face aux tempêtes de l’Histoire » que la démocratie représentative. « Notre démocratie représentative est un grand acquis et un phare pour de nombreux pays du monde. Ne la sabordons jamais. Sous aucun prétexte, sous la dictature d’aucune mode », a insisté M. Bartolone.

« Nous sommes des parlementaires, et nous croyons que les élus du suffrage universel ne sont pas là simplement pour tenir des cahiers de doléances, mais pour éclairer les grands débats du siècle ».

Parmi les sept candidats à la primaire des 22 et 29 janvier, dont certains défendent l’entrée de « citoyens » au Sénat, Benoît Hamon propose l’introduction d’un « 49-3 citoyen ». Cet outil permettrait à 1% du corps électoral « d’imposer au Parlement d’examiner une proposition de loi proposée par les citoyens » ou de « suspendre l’application d’une loi adoptée par le Parlement, jusqu’à un an après sa promulgation, pour que celle-ci soit soumise à référendum ». Dans une anaphore, le président de l’Assemblée a aussi lancé : « Nous sommes des parlementaires, et notre mission n’est pas de faire le buzz mais de faire la loi. »

« Ce que nous faisons réclame du temps. Du temps qu’il faut évidemment pouvoir contenir – qui en disconvient ? Mais du temps qu’il faut aussi savoir s’accorder, particulièrement en amont, pour faire de bonnes lois, des lois utiles, des lois qui rassemblent, des lois qui donnent des résultats », a-t-il glissé, dans un tacle implicite aux critiques récurrentes, notamment de l’exécutif, sur la fabrique de la loi. Et de marteler à environ six mois des législatives : « Nous sommes des parlementaires, et je crois que jamais les Français n’ont autant eu besoin de la représentation nationale. »

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