Comment lutter contre l’abstentionnisme massif ?

Presse. SudOuest, 12 juin 2017

La baisse de la participation est-elle une constante dans les démocraties modernes  ?

C’est le cas en France. Mais on constate la même tendance en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Aux États-Unis, le phénomène est structurel. L’abstention n’est pas une nouveauté. Elle accompagne tous les scrutins. Mais elle varie en fonction de la perception que les électeurs ont de l’utilité de l’élection.

Pour lutter contre l’abstention aux élections législatives, faudrait-il revoir à nouveau le calendrier  ?

Parmi les solutions envisageables, on peut effectivement penser à la simultanéité de l’élection présidentielle et des législatives, voire à l’organisation des législatives avant la présidentielle. Ce dernier schéma aurait le mérite de faire voter les citoyens sur des programmes davantage que sur des personnalités, et de faire comprendre aux citoyens que la victoire d’un camp, d’un parti ou d’une alliance de partis entraîne l’application du programme. Mais cette solution impliquerait de désacraliser l’élection présidentielle.

Quelles autres réformes seraient possibles  ?

La première solution serait pédagogique. On pourrait, par exemple, expliquer aux Français l’importance d’élections législatives que les électeurs considèrent souvent comme secondaires par rapport à la présidentielle. Une seconde solution pourrait passer par l’instauration de la proportionnelle. Ce serait un moyen de mobiliser les citoyens qui n’ont pas voté pour le vainqueur de la présidentielle, dans la mesure où ils seraient quasiment assurés d’avoir un ou plusieurs élus à l’Assemblée. La proportionnelle introduirait plus de justice électorale, mais elle pourrait conduire au blocage des institutions.

Une solution plus simple  ?

Il s’agirait, par exemple, d’abaisser le seuil à partir duquel un candidat peut se présenter au second tour. Aujourd’hui, il est fixé à 12,5 % des électeurs inscrits. Le descendre à 7 ou 8 % permettrait qu’il y ait au moins trois candidats.

Une prise en compte des bulletins blancs serait-elle efficace  ?

Je pense que cela ne pourrait qu’affaiblir les suffrages exprimés et diminuer la légitimité des élus, déjà mise en cause du fait de l’importance de l’abstention. De plus, la comptabilisation du vote blanc peut se justifier quand l’offre politique est restreinte. Ce n’est pas le cas. Il y avait en moyenne 14 candidats par circonscription.

Qu’en est-il du vote obligatoire  ?

Il existe en Belgique ou en Australie. Mais pourquoi obliger les citoyens à voter  ?

Le vote est un droit, ce n’est pas une obligation.

Le vote par Internet  ? Le système a été expérimenté au Brésil. Cela a très bien fonctionné la première fois. L’engouement est ensuite retombé. Et le problème majeur devient alors celui de la sécurité du vote.

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